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IPN pour mur porteur : quel prix, quelle taille, quelle pose ?
Par Arthur Otreba, artisan maçon à Saintes Publié le
Un chiffrage ?
La visite et le devis sont gratuits. J'interviens à Saintes et dans un rayon de 40 km.
06 18 83 02 87 Demander un devis en lignePour ouvrir un mur porteur, tout le monde parle d’« IPN ». Avant de comparer des prix ou des tailles, il faut savoir ce que ce mot recouvre, qui fixe la section de la poutre et ce que la pose demande vraiment : c’est là que se jouent le budget et la solidité de la maison.
Combien coûte un IPN posé dans un mur porteur ?
Comptez 1 500 à 4 500 € par ouverture pour un IPN posé, étaiement, poutre et reprise des finitions compris. L’étude de structure, obligatoire, s’ajoute : 400 à 900 €.
Le prix d’un IPN au mètre, chez un négociant, donne une idée du métal, pas du chantier. Sur un devis de pose, le profilé n’est qu’une ligne parmi d’autres :
| Poste | Ce qu’il couvre |
|---|---|
| Étude de structure | Calcul de la poutre, des appuis et de l’étaiement par un bureau d’études indépendant, facturé à part |
| Étaiement | Étais et aiguilles qui reprennent la charge pendant les travaux |
| Saignée et découpe | Ouverture du logement de la poutre, puis du mur en dessous |
| Profilé | La poutre elle-même, coupée à longueur et livrée sur place |
| Appuis | Sommiers ou platines qui répartissent la charge sur la maçonnerie |
| Calage et mise en charge | Bourrage au mortier, temps de prise, retrait progressif des étais |
| Finitions et gravats | Tableaux, raccords de sol et de plafond, habillage, évacuation |
Ce qui place un chantier en haut ou en bas de la fourchette, c’est d’abord la portée : au-delà de trois mètres, la poutre change de catégorie. Viennent ensuite un mur en pierre plutôt qu’en parpaing, le poids du profilé quand il faut un engin de levage, et les réseaux qui passent dans le mur. Le détail par largeur, de 1 à 4 m, est sur la page ouverture de mur porteur à Saintes.
Je ne donne pas de prix de pose au mètre linéaire : deux ouvertures de même largeur ne portent pas la même charge selon ce qu’il y a au-dessus. Le chiffre juste sort de l’étude, et le devis la suit.
IPN, IPE, HEA, HEB : quelle différence ?
« IPN » est devenu le nom de toute poutre métallique en I. Au sens strict, c’est un profilé ancien à ailes inclinées. Sur un chantier de mur porteur, on pose aujourd’hui le plus souvent un profilé à ailes parallèles : IPE, HEA ou HEB.
À hauteur voisine de 20 cm, les quatre profilés n’ont ni le même poids ni la même rigidité :
| Profilé | Forme | Hauteur | Largeur des ailes | Poids au mètre | Rigidité (IPN 200 = 100) |
|---|---|---|---|---|---|
| IPN 200 | I, ailes inclinées (pente de 14 %) | 200 mm | 90 mm | 26,2 kg | 100 |
| IPE 200 | I, ailes parallèles | 200 mm | 100 mm | 22,4 kg | 91 |
| HEA 200 | H, ailes larges | 190 mm | 200 mm | 42,3 kg | 173 |
| HEB 200 | H, ailes larges et épaisses | 200 mm | 200 mm | 61,3 kg | 266 |
Valeurs du catalogue ArcelorMittal. La rigidité compare le moment d’inertie de chaque profilé, la grandeur qui commande la flèche de la poutre.
À hauteur égale, un HEB est plus de deux fois et demie plus rigide qu’un IPN, pour un poids un peu plus de deux fois supérieur. C’est pour ça qu’on le choisit quand la hauteur manque : sous un plafond bas, on gagne la rigidité par la largeur plutôt que par la hauteur, et on garde un passage confortable sous la poutre.
L’IPN se fabrique toujours, mais ses ailes inclinées compliquent les assemblages boulonnés : il faut des rondelles biaises pour serrer correctement. Les profilés à ailes parallèles l’ont largement remplacé. Pour une petite portée, une poutre en béton armé reste une vraie option (voir la question plus bas).
Comment calculer la taille d’un IPN pour un mur porteur ?
Par une descente de charges. Le bureau d’études additionne tout ce que le mur porte, puis cherche le profilé qui résiste sans trop fléchir. Le calcul suit l’Eurocode 3 pour l’acier et l’Eurocode 1 pour les charges.
Ce qui entre dans le calcul :
- le poids propre des planchers, de la toiture et du mur qui reste au-dessus de l’ouverture ;
- les charges d’exploitation : 1,5 kN/m² pour un plancher de logement selon l’annexe nationale française de l’Eurocode 1, soit environ 150 kg par mètre carré, pour les meubles et les occupants ;
- la neige, quand le mur porte aussi la charpente.
Ce que le dimensionnement vérifie :
| Vérification | La question posée |
|---|---|
| Résistance | La poutre supporte-t-elle la charge sans se déformer durablement ? |
| Flèche | De combien s’enfonce-t-elle en son milieu ? Trop, et les cloisons, le carrelage et les plafonds de l’étage fissurent. |
| Déversement | Une poutre élancée et chargée peut se dérober sur le côté si rien ne la maintient. |
| Appuis | La maçonnerie sous chaque extrémité supporte-t-elle une charge aussi concentrée ? |
La portée pèse plus que tout le reste. À charge égale par mètre, doubler la portée multiplie par quatre l’effort dans la poutre et par seize sa flèche. En maison, c’est souvent la flèche, plus que la résistance, qui fixe la taille du profilé.
C’est aussi pour ça qu’aucun tableau trouvé en ligne ne remplace l’étude : il donne une section pour une portée, mais ignore s’il y a un étage, une charpente ou un mur de pierre au-dessus. Et c’est l’étude qui conditionne la couverture d’assurance du chantier.
Comment poser un IPN dans un mur porteur, étape par étape ?
La règle qui résume tout : la poutre se pose avant que le mur soit ouvert. On ne découpe le mur sous l’IPN qu’une fois celui-ci calé et le mortier de calage durci, et les étais ne partent qu’après.
- Le relevé. Vérifier que le mur est porteur, ce qu’il porte, ce qui passe dedans (canalisations, gaines électriques) et en quoi il est fait. Si le doute porte sur le mur lui-même, voir comment savoir si un mur est porteur.
- L’étude et les autorisations. Le bureau d’études fixe le profilé, sa longueur, les appuis et l’étaiement. En copropriété, le mur porteur est une partie commune : il faut l’accord de l’assemblée générale. Si l’ouverture modifie une façade, une déclaration préalable s’impose.
- L’étaiement. Des étais reprennent les planchers de part et d’autre. Pour le mur qui reste au-dessus, des aiguilles, des pièces passées à travers le mur et posées sur étais, le tiennent pendant la découpe.
- La saignée et la pose. On ouvre dans le haut du mur le logement de la poutre, on y glisse le profilé et on le pose sur ses appuis : sommier en béton, pierre de taille ou platine, selon l’étude.
- Le calage. L’espace entre la poutre et la maçonnerie est bourré au mortier, ou calé à l’acier, puis on attend la prise.
- L’ouverture. Seulement maintenant, le mur sous la poutre est découpé et évacué, étais toujours en place.
- La mise en charge. Les étais sont retirés progressivement : la charge passe sur la poutre sans à-coup.
- Les finitions. Reprise des tableaux, protection antirouille, puis le plus souvent un habillage en plaques de plâtre, pour la finition comme pour la tenue au feu.
Dans un mur en pierre de 50 cm, on pose en général deux profilés, un sous chaque parement, l’un après l’autre : une saignée sur une moitié de l’épaisseur, la première poutre posée et calée, puis l’autre côté. Les deux profilés sont ensuite solidarisés. Le pourtour se reprend à la chaux, comme le reste du mur.
Le poids change aussi la façon de travailler. Un HEB 200 de 4 m pèse 245 kg ; doublé dans un mur en pierre, près d’une demi-tonne. Il se monte avec un lève-charge, pas à bout de bras.
La photo en tête d’article montre l’étape 6 sur un chantier de maison en pierre : le mur porteur a été ouvert sous la poutre, déjà peinte, et le plancher bois repose maintenant sur elle. Les étais sont toujours dessous, à chaque extrémité ; ils ne seront retirés qu’une fois le calage durci.
Quelles erreurs éviter à la pose d’un IPN ?
Elles ont toutes la même conséquence : une poutre qui fléchit ou s’enfonce, et des fissures qui apparaissent à l’étage des semaines ou des mois plus tard.
- Poser la poutre sur un parpaing creux ou sur un bout de brique. La charge se concentre aux deux extrémités : sans sommier ni platine, la maçonnerie s’écrase.
- Caler au bois. Le bois sèche, se tasse, et la poutre descend avec lui.
- Retirer les étais avant la prise du mortier. La poutre prend sa charge sur un calage qui n’a pas encore durci.
- Choisir le profilé à l’œil. Un IPN « qui a l’air assez gros » peut résister et fléchir quand même ; c’est la flèche qui fissure les plafonds.
- Laisser l’acier nu dans une pièce humide. Une cave ou une salle d’eau suffisent à faire rouiller un profilé sans protection.
Par où commencer ?
Par un relevé sur place : tant qu’on ne sait pas ce que le mur porte, il n’y a ni taille de poutre ni prix à donner. Je fais ce premier passage gratuitement, à Saintes et dans les environs, puis l’étude de structure et le devis suivent.
Vous pouvez demander un devis gratuit en décrivant le mur, la largeur d’ouverture souhaitée et ce qu’il y a au-dessus : je reviens vers vous pour fixer la visite.
Questions fréquentes
- IPN ou poutre en béton : laquelle choisir ?
- Pour une petite portée, une porte à créer par exemple, un linteau en béton armé fait très bien l'affaire. Au-delà, l'acier l'emporte : à résistance égale, il est moins haut, se pose sans coffrage et n'attend que la prise du mortier de calage, là où une poutre coulée en place doit durcir avant d'être décoffrée. L'étude de structure tranche.
- Un IPN d'occasion peut-il faire l'affaire ?
- Rarement. Sans marquage ni certificat, on ne connaît pas la nuance de l'acier, donc pas sa résistance, et d'anciens perçages ou la rouille peuvent l'avoir affaibli. Un bureau d'études ne valide pas une poutre qu'il ne peut pas identifier, et sans étude, aucune assurance ne couvre le chantier.
- Peut-on laisser un IPN apparent ?
- Oui. Brossé, traité antirouille et peint, il peut rester visible, dans un esprit atelier. On l'habille plus souvent en plaques de plâtre : la finition est plus discrète, et le plâtre protège l'acier, qui perd une grande partie de sa résistance dans un incendie. Le choix se fait au devis, pas à la fin du chantier.
- Combien pèse un IPN de 3 mètres ?
- Cela dépend du profilé que l'étude retient. Pour une hauteur voisine de 20 cm, une poutre de 3 m pèse environ 67 kg en IPE 200, 79 kg en IPN 200, 127 kg en HEA 200 et 184 kg en HEB 200. Dans un mur en pierre, où l'on pose souvent deux profilés côte à côte, il faut doubler.
- Quelle assurance vérifier avant de faire poser un IPN ?
- L'assurance décennale de l'entreprise, pour des travaux de gros œuvre. Toucher à un mur porteur engage la solidité de la maison, ce que couvre la garantie de l'article 1792 du Code civil. Demandez l'attestation avant de signer le devis et vérifiez que l'activité de maçonnerie y figure.
Sources
- ArcelorMittal : catalogue Profilés et aciers marchands (dimensions, masses et inerties des IPN, IPE, HEA et HEB)
- ICAB : charges d'exploitation de l'Eurocode 1 (EN 1991-1-1) et de son annexe nationale française
- Légifrance : Code civil, article 1792 (responsabilité des constructeurs)
- Légifrance : loi du 10 juillet 1965, article 25 (travaux affectant les parties communes)
- Service-public.gouv.fr : déclaration préalable de travaux
La prestation
- Ouverture de mur porteur Abattre une cloison porteuse pour ouvrir une pièce, avec étude de charge et poutre dimensionnée.
- Placo Cloisons, doublage, isolation. La pose, pas l'enduit : c'est le lot que je ne fais pas.
Visite et devis gratuits, sans engagement.